J’ai longtemps cru qu’une liste de naissance se remplissait à l’avance, jusqu’au jour où j’ai vidé le tiroir à six semaines et compté ce qui n’avait jamais été porté. Quatorze pièces sur quarante, étiquettes encore dessus.
Ce qui suit est la liste de vêtement bébé naissance que je referais aujourd’hui, avec les quantités qui ont tenu dans ma maison, pour un bébé né en mars dans un appartement chauffé à 20 degrés.
Le vêtement bébé naissance utile se compte sur une main
Six bodies à manches longues, six pyjamas une pièce, deux gilets fins, trois paires de chaussettes, deux bonnets en jersey. Voilà le noyau. Tout le reste est du confort ou de la photo.
Six de chaque, c’est le chiffre qui revient dans toutes les listes et j’ai mis du temps à comprendre pourquoi. Un nouveau-né change de tenue une à trois fois par jour selon les régurgitations, et une machine tourne tous les deux jours. Six permet de ne jamais être à court sans laver tous les soirs. En dessous, on lave dans l’urgence. Au-dessus, les pièces ne servent pas avant d’être trop petites.
Taille naissance ou 1 mois
La taille naissance couvre jusqu’à 50 centimètres, le 1 mois jusqu’à 54. Ma fille est née à 49 centimètres et a quitté la taille naissance en dix-sept jours. Dix-sept jours pour des vêtements achetés à l’unité, c’est ce qui m’a fait basculer vers la seconde main pour cette taille précise.
Je conseille deux ou trois pièces en naissance au maximum, et le reste en 1 mois. Un pyjama un peu grand se porte, un pyjama trop petit ne se porte pas. Si le bébé naît à plus de 51 centimètres, ce qui arrive souvent, la taille naissance ne sert pas du tout.

Les matières qui ont tenu
Le jersey de coton pour tout ce qui touche la peau. Le velours pour les pyjamas d’hiver, parce qu’il garde la chaleur sans peser. La laine mérinos fine pour les gilets, si le budget le permet, parce qu’elle régule mieux que l’acrylique et qu’elle sent moins vite.
Ce qui n’a pas tenu : les pièces en polyester brillant offertes en cadeau, qui faisaient transpirer ma fille dans le dos en moins d’une heure. Et les bodies avec un empiècement en dentelle, dont le fil a tiré au premier lavage.
L’ouverture, le détail que personne ne mentionne
Un pyjama à zip s’ouvre d’un geste à trois heures du matin. Un pyjama à vingt pressions dans le dos demande de retourner le bébé. J’ai acheté trois pyjamas à pressions dorsales avant de comprendre, et ils ont fini dans le carton de dons avant d’être usés.
Pour les bodies, le croisé à l’américaine est celui qui descend par les épaules, ce qui sert en cas d’accident par le bas. Le body à enfiler par la tête sur un nouveau-né, c’est une mauvaise idée que j’ai eue deux fois.
Ce que j’ai acheté d’occasion sans hésiter
Tout le 1 mois et le 3 mois. Ces tailles sont portées quelques semaines, les pièces sont presque neuves, et on les trouve en lots de dix à quinze euros en dépôt-vente. C’est le meilleur rapport entre prix et état que j’aie trouvé sur n’importe quelle catégorie de vêtement.

Les deux seules choses que j’ai achetées neuves sont les chaussettes, parce que l’élastique se détend et qu’on ne le voit pas sur une photo, et un pyjama de sortie de maternité, pour des raisons qui n’ont rien de rationnel.
Avant de les mettre, tout est passé à 40 degrés sans parfum. Les pièces de seconde main gardent l’odeur de leur ancienne maison, et une peau de nouveau-né réagit à des choses qu’une peau d’adulte ignore. Ma méthode complète est dans mes essais de lessive hypoallergénique.
Le budget réel des six premières semaines
J’ai gardé les tickets, par curiosité. Quarante pièces achetées avant la naissance, 214 euros, dont 96 euros pour les quatorze qui n’ont jamais servi. À quoi s’ajoutent une douzaine de cadeaux que je n’ai pas chiffrés.
Refaite aujourd’hui en mélangeant neuf et occasion, la même garde-robe me coûterait autour de 80 euros : une trentaine d’euros de bodies et pyjamas en lot de dépôt-vente, une quinzaine d’euros de chaussettes et de bonnets neufs, et deux gilets en mérinos d’occasion autour de 20 euros. Le reste, les gens vous l’offriront, que vous le vouliez ou non.
Ce calcul vaut pour une naissance au printemps. En hiver il faut compter une combinaison et une couverture de poussette, soit 40 à 60 euros de plus, et ce sont deux pièces que j’achèterais d’occasion sans hésiter parce qu’elles sont portées deux mois.
Le tiroir à six semaines
Je suggère un geste simple, que j’ai fait sans le vouloir : vider le tiroir à six semaines et séparer en deux piles, porté et jamais porté. La seconde pile dit tout de ce qu’il faut éviter de racheter pour la taille suivante.

Chez nous, la pile des jamais portés contenait surtout des pièces jolies et compliquées : une salopette à bretelles, deux chemisettes à boutons, un gilet à nouer. Rien d’étonnant avec le recul, mais je ne l’aurais pas deviné en faisant la liste.
Ce que je n’achèterais plus
Les chaussons rigides, qui ne tiennent pas sur un pied de nouveau-né et qui ne servent pas tant que l’enfant ne marche pas. Les robes et les jeans, trop raides pour un bébé qui passe sa journée allongé. Les ensembles deux pièces, qui remontent et découvrent le ventre.
Et les lots de naissance tout faits vendus en coffret. Sur les deux que j’ai reçus, la moitié était du décoratif. Un lot constitué soi-même en dépôt-vente coûte moins cher et sert plus.
Pour les bonnets, qui méritent leur propre inventaire, j’ai détaillé les trois que j’ai gardés sur sept. Les bodies à manches longues, que j’ai fini par racheter en nombre, sont dans cet article. Le reste de la rubrique est rangé de ce côté.
Si vous avez une liste plus courte qui a marché, surtout pour une naissance d’été, je suis curieuse de la lire.