Ma fille a eu des plaques dans le cou pendant tout un hiver. J’ai changé de crème, de savon, de doudou. J’ai fini par changer de lessive, et c’est là que ça s’est calmé.
Je suis passée à une lessive hypoallergénique en janvier, et je raconte la suite d’emblée pour une raison : je ne sais pas si c’est la lessive qui a fait la différence. Trois choses avaient changé en même temps, dont la saison. Ce qui suit est un retour d’usage, pas une démonstration.
Ce que veut dire une lessive hypoallergénique
Le terme n’est pas réglementé de la même façon qu’un label. Il désigne en pratique une formule sans parfum, sans colorant, sans conservateur de la famille des isothiazolinones, et avec un nombre réduit de tensioactifs. Certaines marques y ajoutent un test dermatologique sous contrôle.
Ce que ça ne veut pas dire : qu’il n’y a aucun risque de réaction. Un tensioactif mal rincé irrite une peau atopique même sans parfum. La question du rinçage compte autant que celle de la composition, et c’est ce que j’ai compris le plus tard.
Pour les peaux concernées par une dermatite atopique, le sujet dépasse largement ce que je peux tester chez moi. Nous avons vu une dermatologue, et c’est elle qui nous a mis sur la piste du rinçage.
Les trois que j’ai essayées
La première, une lessive liquide de pharmacie à 14 euros les deux litres, soit 0,45 euro le lavage. Composition courte, aucune odeur. Sur six semaines, les plaques ont diminué sans disparaître. Le linge ressortait un peu rêche sur le coton épais.

La deuxième, une lessive de grande surface étiquetée peaux sensibles, à 6 euros les trois litres, soit 0,12 euro le lavage. Composition plus longue, avec un parfum très léger annoncé comme hypoallergénique. Les plaques sont revenues en dix jours. J’ai arrêté.
La troisième, une lessive en poudre sans parfum à 9 euros la boîte, soit 0,18 euro le lavage. C’est celle que j’ai gardée. La poudre se rince mieux que le liquide sur ma machine, et c’est la seule différence que j’arrive à identifier honnêtement.
Le rinçage, le réglage qui a le plus compté
Avant de changer de produit, j’ai activé le rinçage supplémentaire de la machine. À lui seul, sur l’ancienne lessive, il avait déjà réduit les rougeurs. Combiné à la poudre sans parfum, le problème a disparu en trois semaines.
Ce réglage ajoute une quinzaine de minutes au cycle et consomme davantage d’eau. Je ne l’utilise que sur le linge qui touche la peau : bodies, pyjamas, draps, serviettes. Les manteaux et les jeans passent en cycle normal.
La dose compte autant. Je mets la moitié de ce qu’indique la boîte, et le linge est propre. Une dose pleine sur une eau douce laisse du produit dans les fibres, ce qu’un rinçage normal ne retire pas.

Comment je lis une étiquette de lessive
La liste des ingrédients d’une lessive suit un ordre décroissant de quantité. Les trois premiers noms représentent l’essentiel du produit, le reste est marginal. C’est la seule chose utile que j’aie apprise à lire.
Je cherche surtout ce qui n’y est pas : pas de parfum, pas de colorant, pas de conservateur en isothiazolinone. Le mot parfum peut apparaître sous la forme d’une liste d’allergènes en fin d’étiquette, et une lessive qui annonce sans parfum sur le devant peut en porter cinq au dos. C’est arrivé avec la deuxième que j’ai essayée.
Les enzymes ne me posent pas de problème sur la peau de ma fille, mais elles expliquent pourquoi une lessive lave mieux à 40 qu’à 20 degrés. Elles travaillent dans une fenêtre de température, et au-dessous elles ne font rien.
Le temps qu’il faut pour juger
Trois semaines minimum, et c’est ce que je ferais autrement si c’était à refaire. Une peau irritée met du temps à se calmer, et la première semaine d’un changement de produit ne dit rien du tout.
Il faut aussi laver tout le linge de lit et tous les vêtements avec le nouveau produit avant de juger. J’ai passé dix jours à conclure qu’une lessive ne changeait rien, alors que la moitié des bodies portaient encore l’ancienne. Ce détail m’a coûté un essai entier.
Ce que je n’ai pas réussi à trancher
L’effet des lessives dites écologiques sur les peaux sensibles. Deux d’entre elles m’ont donné un linge impeccable, une troisième a laissé une odeur de savon froid que je n’aimais pas. Je n’ai pas constaté de différence sur la peau de ma fille dans un sens ni dans l’autre.

Le savon de Marseille en copeaux non plus. Il lave bien, il coûte peu, mais il a encrassé le tambour et laissé des dépôts blancs sur le linge foncé en eau calcaire. À Rennes, l’eau est moyennement dure, et je n’ai pas insisté.
Sur la question des produits ménagers et de leurs précautions d’emploi, l’Anses publie des avis que j’ai lus sans prétendre tout comprendre. Ce n’est pas un guide d’achat, mais ça remet quelques idées en place.
Ce que je ferais différemment
Changer une seule chose à la fois. J’ai modifié la lessive, le rinçage et la crème la même semaine, et je suis incapable de dire ce qui a marché. Si c’était à refaire, j’essaierais le rinçage supplémentaire seul pendant un mois avant de toucher au produit.
Pour le format, mes essais de lessive en feuille se sont faits après coup, avec une version sans parfum, et la peau de ma fille n’a pas bougé. Les programmes et les températures que j’utilise sont dans mon mémo des symboles de lavage, et la rubrique entière est rangée ici.
Si une peau réagit sérieusement, voyez un médecin avant de changer de lessive. Je dis ça parce qu’on a perdu deux mois à chercher dans la salle de bain ce qui venait d’ailleurs.