J’ai longtemps lavé au jugé. Tout à 40 degrés, programme coton, essorage maximum, et tant pis. Jusqu’au jour où un gilet en laine mérinos acheté 12 euros en dépôt-vente est ressorti de la machine à la taille d’un vêtement de poupée.
Ce jour-là, j’ai cherché ce que voulait dire chaque symbole sur machine à laver, signification par signification. J’ai pris une étiquette entre les doigts et j’ai essayé de la lire. Je n’ai rien compris. Ce qui suit est le mémo que j’ai fini par écrire pour moi-même, puis recopié proprement sur une fiche collée à l’intérieur de la porte du placard.
Symbole sur machine à laver : signification, pictogramme par pictogramme
Il y a cinq familles de pictogrammes, pas davantage. Le bac, le triangle, le fer, le cercle et le carré. Tout le reste est une variation de ces cinq formes.
Le bac concerne le lavage. Le chiffre à l’intérieur donne la température maximale, pas la température conseillée. Un trait sous le bac demande un cycle modéré, c’est-à-dire un essorage réduit. Deux traits demandent un cycle délicat. Une main dans le bac veut dire lavage à la main uniquement, et le bac barré veut dire que le vêtement ne se lave pas à l’eau.
Le triangle concerne le blanchiment. Vide, il autorise l’eau de Javel. Barré de deux traits obliques, il n’autorise que les agents oxygénés. Barré tout court, il interdit tout blanchiment. Sur du linge d’enfant, je ne me sers jamais du triangle : la Javel abîme les élastiques des bodies bien plus vite que les taches ne les salissent.

Le fer compte ses points. Un point, 110 degrés, pour les synthétiques. Deux points, 150 degrés, pour la laine et la soie. Trois points, 200 degrés, pour le coton et le lin. Barré, pas de fer du tout.
Le cercle concerne le nettoyage professionnel et contient une lettre qui s’adresse au pressing, pas à vous. Un cercle barré veut dire que le pressing est exclu. C’est le seul symbole qu’on peut ignorer tranquillement quand on lave chez soi.
Le carré concerne le séchage. Un cercle dans le carré autorise le sèche-linge, et les points à l’intérieur donnent la température. Barré, pas de sèche-linge. Un trait horizontal dans le carré demande un séchage à plat, ce qui est le cas de presque tous les tricots.
La liste complète et les variantes nationales sont documentées sur la page des symboles d’entretien des textiles, qui m’a servi à vérifier deux ou trois formes rares.
Les trois erreurs qui m’ont coûté un vêtement
La première, celle du gilet, venait du trait sous le bac. Le pictogramme autorisait 30 degrés, ce que je respectais, mais il demandait un cycle délicat. Mon essorage à 1 200 tours a feutré la laine. Ce n’est pas la chaleur qui rétrécit un lainage, c’est l’agitation mécanique combinée à l’eau.
La deuxième concernait une robe imprimée de seconde main. Trois points dans le fer, donc fer chaud autorisé : j’ai repassé à fond, et l’impression a collé à la semelle. Les pictogrammes valent pour le tissu, pas pour ce qu’on a imprimé dessus. Un imprimé se repasse sur l’envers, toujours, quelle que soit l’étiquette.

La troisième est la plus bête. Un pyjama portait un carré barré, pas de sèche-linge, et je l’ai mis quand même parce qu’il pleuvait. Il a perdu deux tailles. Le polyester ne rétrécit pas, mais l’élasthanne du bord-côte, lui, se rétracte à la chaleur et tire tout le vêtement.
Ce que je fais quand l’étiquette a disparu
Sur une pièce de seconde main, l’étiquette est souvent coupée ou illisible. Dans ce cas, je pars du tissu. Coton et lin : 40 degrés, essorage normal. Synthétiques : 30 degrés, essorage moyen. Laine, cachemire, soie : 30 degrés, programme laine, essorage 400 tours au maximum, ou à la main.
En cas de doute complet, je lave à 30 degrés, essorage 600, et je sèche à plat. Je n’ai jamais abîmé un vêtement avec ce réglage. Il lave moins bien, et c’est le prix de la prudence.
Pour la première machine d’un vêtement récupéré, j’ajoute toujours du bicarbonate plutôt qu’une double dose de lessive, comme je l’explique dans mes essais de lessive en feuille.
Les étiquettes qui se contredisent
Sur une pièce composée, le fabricant donne les instructions du tissu le plus fragile. Une robe en coton doublée de polyester porte donc souvent un 30 degrés, alors que le coton seul supporterait 60. Ce n’est pas une erreur, c’est une sécurité, et on peut parfois s’en écarter en connaissance de cause.

Le cas que je rencontre le plus souvent concerne les bodies avec un empiècement imprimé. Le coton accepte 60 degrés, le flocage non. Je lave ces pièces à 40 degrés sur l’envers, et le flocage a tenu deux ans sur les bodies de ma fille.
L’autre contradiction fréquente vient des broderies et des boutons-pression. Une étiquette autorise le sèche-linge, mais le métal des pressions chauffe et marque le tissu voisin. Je sèche ces pièces à l’air, pour la même raison qu’on ne passe pas une fermeture éclair au fer.
Un mot sur les températures élevées
On m’a souvent dit qu’il fallait laver le linge de bébé à 60 degrés pour tuer les acariens. C’est exact sur le principe, et je le fais pour les draps et les doudous deux fois par an. Mais 60 degrés sur un body en coton fin le fatigue vite, et un body de seconde main n’a plus beaucoup de marge. Le compromis que j’ai trouvé : 40 degrés en routine, 60 degrés sur la literie et en cas de maladie.
Pour les peaux qui réagissent, la température compte moins que le produit, et j’en parle dans mes essais de lessive hypoallergénique. Le reste de la rubrique est rangé ici.
Si vous avez une astuce pour les étiquettes effacées, je prends : c’est le cas le plus fréquent sur ce que je ramène de friperie, et je n’ai pas de meilleure méthode que le toucher.