Site de vente d’occasion – les quatre que j’utilise pour le linge d’enfant

J’ai longtemps cru que les plateformes de seconde main se valaient, jusqu’au jour où j’ai mis le même lot en ligne sur quatre d’entre elles et comparé ce que ça donnait au bout d’un mois.

Chaque site de vente d’occasion a reçu le même lot : dix pièces d’enfant du 18 au 36 mois, toutes en bon état, photographiées de la même façon sur la table en bois de la cuisine, avec le même texte de description.

Ce que je cherche dans un site de vente d’occasion

Pas le prix le plus haut. Le temps passé par euro récupéré, ce qui n’est pas la même chose. Une pièce vendue 12 euros qui demande quarante minutes de photos, de messages et de trajet au point relais vaut moins qu’une pièce vendue 5 euros déposée en dix minutes.

Mon deuxième critère est la qualité des échanges. Je n’ai pas le temps de négocier trois jours pour un pantalon à 4 euros, et ce point-là varie beaucoup d’une plateforme à l’autre.

Les généralistes

Les grandes plateformes généralistes ont l’audience la plus large, donc les délais les plus courts sur les pièces courantes. Sur mon lot, six des dix pièces sont parties en douze jours. Les prix obtenus étaient les plus bas des quatre circuits, entre 3 et 6 euros, et la négociation était systématique.

Le défaut tient aux messages : beaucoup de demandes sans suite, et deux acheteurs qui ne se sont pas présentés. Pour du volume en remise en main propre dans une même ville, ça reste ce qui marche le mieux.

Les plateformes spécialisées mode

Plus lentes et plus chères. Trois pièces vendues en un mois, à des prix de 20 à 40 pour cent supérieurs. Les acheteurs connaissent les marques et posent des questions précises sur les mesures, ce qui demande de sortir un mètre ruban mais évite les retours.

La commission et les frais de protection acheteur grignotent une partie de la différence. Sur une pièce à 10 euros, je récupère entre 8 et 9 euros, auxquels il faut retirer l’enveloppe et le trajet. Je réserve ces plateformes aux pièces de marque au-dessus de 15 euros.

Personne faisant défiler des vêtements sur un téléphone
Quarante minutes de photos et de messages pour une pièce à 12 euros.

Les sites de lots entre parents

C’est le circuit que j’ai découvert le plus tard et celui que j’utilise le plus aujourd’hui. On ne vend pas une pièce, on vend un lot de dix à vingt vêtements d’une même taille, à un prix forfaitaire autour de 25 à 40 euros.

Le prix à la pièce est ridicule, autour de 2 euros. Mais l’opération entière prend une heure, une seule photo du lot étalé, un seul acheteur, un seul envoi. Rapporté au temps, c’est de loin le meilleur rendement que j’aie mesuré.

C’est aussi le circuit le plus agréable. Les acheteurs sont des parents qui équipent un enfant pour une saison, les échanges sont courts et concrets.

Les groupes locaux

Gratuits, sans commission, rapides, et complètement imprévisibles. Une pièce peut partir en une heure ou rester trois semaines sans un message. Aucune protection, aucun recours, et il faut accepter de donner son quartier à des inconnus.

Je m’en sers pour ce qui n’a pas de valeur marchande mais qui peut servir : les chaussures usées mais encore portables, les manteaux tachés, les lots de chaussettes dépareillées. Ce qui serait refusé en dépôt-vente trouve preneur en deux jours.

Les photos font plus que le prix

Sur le même pantalon, j’ai essayé deux annonces à un mois d’écart. La première avec une photo prise le soir sous la lumière du plafonnier, la seconde posée à plat sur la table en bois près de la fenêtre. Même prix, même texte. La seconde est partie en deux jours, la première était restée trois semaines.

Je prends maintenant tout en lumière du jour, à plat, sans repassage mais sans pli de pliage. Une photo de l’étiquette de taille, une du défaut s’il y en a un, et c’est fini. Trois images suffisent, et je passe moins de temps qu’avant où j’en faisais huit.

Mains refermant un colis en carton
L'emballage et le trajet au point relais, que personne ne compte.

Mon vieux Pentax argentique ne sert pas à ça, évidemment. Un téléphone près d’une fenêtre fait mieux que n’importe quel réglage, à condition de ne pas se mettre entre la fenêtre et le vêtement.

Ce que je ne mets plus en ligne

Tout ce qui se vend sous 5 euros. Entre l’annonce, les messages, l’emballage et le trajet, la pièce me coûte plus cher en temps qu’elle ne rapporte. Ces vêtements-là partent en lot, ou en don.

Les chaussures aussi, sauf quasi neuves. Les photos ne montrent jamais l’usure de la semelle comme il faudrait, et j’ai eu deux litiges en trois ans là-dessus. Un acheteur déçu par une paire à 6 euros écrit autant de messages qu’un acheteur déçu par un manteau à 40.

Enfin, tout ce qui porte un prénom brodé. Ça paraît évident écrit comme ça, et pourtant j’ai mis en vente une serviette brodée au prénom de ma fille avant de me rendre compte de ce que je publiais.

Le bilan sur mon lot

Dix pièces, quatre circuits, un mois. Total récupéré, toutes commissions déduites : 47 euros. Temps passé, montre en main : un peu plus de quatre heures, photos comprises. Si j’avais tout déposé en une fois en dépôt-vente, j’aurais touché environ 32 euros pour une heure de travail.

Ce calcul a changé ma façon de faire. Je garde les plateformes pour les pièces de marque et je passe le reste en lot ou en dépôt-vente classique, dont j’ai détaillé le déroulement ailleurs. Mon classement de ce qui se vend et de ce qui ne se vend pas est dans cet article, et le reste de la rubrique de ce côté.

Le portail public Longue vie aux objets recense des circuits de réemploi par territoire, y compris des structures associatives qui ne sont sur aucune plateforme. Je l’ai découvert tard et il m’a fait trouver deux ressourceries à vingt minutes de chez moi.

Si vous avez un circuit qui marche mieux, surtout pour les tailles au-dessus de 4 ans où je commence à peine, dites-le-moi.