Vendre un vêtement d’enfant – ce qui part, ce qui reste et à quel prix

Ce n’est pas la première fois que je me trompe sur la valeur d’un vêtement, mais le pull en laine mérinos m’a surprise. Acheté 42 euros neuf, porté une saison, impeccable. Il est resté six mois sur le portant d’un dépôt-vente rennais avant de revenir à la maison, invendu.

À côté, un lot de cinq bodies sans marque, achetés 6 euros en vide-grenier, est parti en deux jours. Vendre, vêtement par vêtement, ne marche pas comme je l’imaginais.

Vendre, vêtement par vêtement : la logique n’est pas celle du neuf

Ce qui décide, ce n’est pas la qualité de la pièce. C’est la fréquence à laquelle on en a besoin. Un parent qui entre dans un dépôt-vente cherche en général du quotidien : des bodies, des pantalons souples, des pyjamas, des chaussettes. Il ne cherche presque jamais la belle pièce de cérémonie, parce qu’elle ne sert qu’une fois et que tout le monde en a déjà une en réserve.

Trois ans d’observation m’ont donné un classement assez stable de ce qui part vite, dans ma ville et dans mes deux dépôts habituels.

  • Bodies et pyjamas du 1 mois au 24 mois : partent presque toujours, en lot de trois ou cinq.
  • Pantalons souples, joggings, leggings : partent bien jusqu’au 4 ans.
  • Manteaux et blousons d’hiver : partent très bien, mais seulement en septembre et octobre.
  • Robes de cérémonie, gilets fins de marque, pulls en laine : lents, voire invendables.
  • Chaussures : dépendent entièrement de l’usure de la semelle, et deux paires sur trois sont refusées au dépôt.

Les prix que j’obtiens réellement

En dépôt-vente, une pièce ordinaire en bon état se vend entre 3 et 7 euros, et la boutique prend entre 40 et 50 pour cent. Un body à 4 euros me rapporte donc un peu plus de 2 euros. Il faut une vingtaine de pièces vendues pour atteindre 50 euros, ce qui prend deux à trois mois.

Cartons étiquetés pour trier les affaires à garder, à donner et à jeter
Le tri en trois piles avant chaque dépôt. Ce qui part en don ne revient pas.

En ligne, le prix affiché monte, souvent 8 à 12 euros pour la même chose, mais il faut compter l’emballage, le trajet au point relais et le temps passé à photographier. Quand je fais le compte honnêtement, l’heure de travail tombe sous le niveau de ce que je gagne au bureau. Je ne vends en ligne que les pièces de marque au-dessus de 15 euros.

Le vide-grenier est la troisième voie. Tout part moins cher, autour de 1 à 2 euros, mais tout part le même jour et il n’y a pas de commission. Pour écouler un gros volume avant un déménagement, c’est ce qui marche le mieux.

Préparer les pièces change le résultat

Un dépôt-vente refuse une pièce froissée, et refuse une pièce qui sent la cave, même propre. J’ai appris ça en me faisant retourner un carton entier. Depuis, tout passe à la machine la veille, sèche à plat ou sur cintre, et part plié dans un sac en tissu plutôt qu’en sac plastique.

Le repassage ne sert que sur les cols et les devants de robe. Le reste, personne ne regarde.

Les bouloches font plus de dégâts que les petites taches. Un rasoir à tissu à 8 euros a sauvé une pile de leggings qui auraient été refusés. Une tache discrète sur un genou se négocie, une boulochure générale donne l’impression d’un vêtement fini.

Étiquette de prix vierge posée sur un tissu beige
C'est la gérante qui fixe le prix, pas moi.

Ce que je ne dépose plus

Les pièces de moins de 3 euros de valeur, parce que la commission les rend sans intérêt et qu’elles occupent une place sur mon contrat. Les chaussures, sauf quasi neuves. Et tout ce qui porte un personnage sous licence : ça se démode en une saison et les acheteurs le savent.

Ces pièces-là partent en don, dans une association de quartier qui les redistribue. Je préfère ça à un carton qui tourne de dépôt en dépôt pendant un an.

Le mois du dépôt compte autant que la pièce

J’ai déposé des manteaux d’hiver en février, une fois. Ils sont revenus en juin sans avoir été regardés. Les mêmes manteaux, redéposés en septembre, sont partis en trois semaines.

Les boutiques fonctionnent par saison et refusent souvent ce qui ne correspond pas au moment. Dans mes deux dépôts rennais, le calendrier est à peu près celui-ci : les pièces d’été entrent en mars et avril, celles d’hiver en septembre et octobre. En dehors de ces fenêtres, la gérante accepte, mais la pièce dort sur un portant du fond.

La rentrée est le pic. Les parents équipent leurs enfants en une fois, et tout ce qui est pantalon, pull et chaussure de sport part en quelques jours. Je garde donc mes cartons jusqu’à fin août plutôt que de les déposer au fil de l’eau, même si ça encombre un placard pendant six mois.

Vêtements d'enfant dans des tons bleus posés côte à côte
Les pièces du quotidien partent, les pièces de cérémonie restent.

Ce que j’écris dans une annonce

Pour une vente en ligne, trois informations font partir une pièce : la taille exacte en centimètres, le défaut s’il y en a un, et la matière. Le reste décore.

Je donne toujours la longueur de l’entrejambe pour un pantalon et la longueur dos pour une robe, parce que les tailles varient tellement d’une marque à l’autre qu’un simple 24 mois ne dit rien. Annoncer un défaut fait baisser le prix de deux euros et supprime les retours. J’ai mis un an à comprendre que c’était un bon échange.

Le point que je n’avais pas anticipé

Déposer prend du temps : prise de rendez-vous, tri sur place avec la gérante, signature du contrat, puis un passage pour récupérer l’argent et les invendus. Comptez deux heures réparties sur trois mois pour un dépôt de trente pièces. C’est ce temps-là, plus que la commission, qui fait la vraie différence entre les circuits.

Le principe du dépôt-vente reste le plus confortable quand on n’a pas envie de gérer des acheteurs. Si vous préférez voir les pièces partir en une journée, le vide-grenier demande plus de préparation mais vide le placard d’un coup. Le détail du passage en boutique, du carton au virement, est décrit étape par étape ici, et le reste de la rubrique est rangé de ce côté.

Ce n’est pas une règle générale, c’est ce qui marche dans ma ville et avec mes deux boutiques. À vous de voir ce que ça donne chez vous.